Les participations au Café Thé n° 191 - Fêtons les grands-mères...
Pour ce 191ème Café Thé, je vous ai proposé de nous brosser le portrait d'une de vos grands-mères, ou de nous raconter un souvenir avec elle, ou bien entre vous et l'un de vos petits-enfants.
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Logo créé par Renée du blog "Envie de"
Les consignes étaient : Ecrivez, fabulez, rimez, dessinez, brodez, scrappez, chantez, délirez, faites ce que vous voulez... Faites nous rire ou pleurer...
Si vous êtes blogueur, ne publiez pas votre texte avant la parution des participations (le 2 avril 2026). Que vous soyez blogueur ou pas, envoyez moi votre participation
avant le 31 mars 2026 dernier délai à ecureuilbleu33@live.fr...
Vous êtes 5 à avoir participé (Jill Bill, Marie-Sylvie, Eglantine, François et Livia)
et je vous en remercie.
Bravo à tous et toutes !
Voici les 4 participations.
"Mes grands-mères" de Jill Bill du blog : "Melting-pot" :
La mère de maman
Tablier noir et chignon gris
Je ne me souviens plus de sa voix
Quand penchée sur moi
Elle me berçait sur son coeur
Au seul fauteuil de la maison modeste
Son menton poilu
Et son haleine chaude
Me sont restés en mémoire...
Un jour, hospitalisée,
Avant ma première communion
J'ai dû enfiler mon beau manteau
Pour le lui montrer
Elle a souri avant de s'éteindre...
Et derrière le corbillard
Donnant la main à deux cousines
Bien plus âgées
Dans un silence de mort
Nous avons marché jusqu'à sa dernière demeure.
La mère de papa
Robe noire et lorgnons ronds
Taiseuse
Femme veuve rude
J'en ai eu les oeufs
Emballés à la feuille de journal
Les tulipes au printemps
Et les prunes à l'automne...
Marie 1885-1962
Christine 1883-1969
"Portrait de ma grand-mère - La cuisine comme royaume" de Marie-Sylvie du blog "L'écho de la plume" :
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"Mamie !" d'Eglantine du blog : "Le blog rymie" :
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Je n'ai jamais connu mes grands-mères,
Pas plus que mes petits fils ont connu,
Leur grand-mère maternelle.
D’elles quelques photos ils ont vu,
Je leur ai montré un soir à la chandelle.
La vie peut s'arrêter avec ses mystères.
Concernant mes grands-mères On m'a dit.
Elles étaient toutes les deux belles,
C’est là mes uniques souvenirs,
On m’en avait parlé quand j'étais dans mon lit.
Comment imaginer cela avec plaisir.
Pendant toute ma jeunesse, je les ai idéalisées,
Seul dans mon coin pour ne pas être dérangé.
Si vous saviez combien de questions je me suis posée !
"L'armoire de Grand-Mère" de Livia du blog "Livia augustae" :
L’armoire de grand-mère, en bois de courbaril*, était pleine de trésors.
D’abord, quand elle l’ouvrait, un parfum épicé délicieux nous caressait les narines, cela sentait bon, comme parfumé à la cannelle, à la vanille, à la muscade, mêlé à celui du vétiver séché qu’elle insérait entre les draps…
Elle avait accumulé dans cette belle armoire, au fil des années, au fil de sa vie, des choses oubliées.
Sur l’étagère du haut, des cartons à chapeaux, dont les formes désuètes nous faisaient hurler de rire quand nous étions enfants, sa couronne de mariée enveloppée d’un papier de soie jauni. Il y avait aussi, des flacons de cristal aux flans tâché par les parfums qu’ils avaient autrefois contenus, des boîtes en coquillages qui nous faisaient rêver, des sacs démodés, des corsages en guipure, aux dentelles fanées, des éventails d’ivoire, des écheveaux de soie et des broderies parfois inachevées…
Mais il y avait aussi de précieux coffrets, incrustés de nacre et d’ébène entrecroisés, contenant ses bijoux, qui parèrent autrefois, pour un soir de bal, sa jeune beauté.
Et puis des piles bien ordonnées, de draps finement brodés. Il y avait encore un tiroir secret, plein de lettres nouées - nous n’avons jamais su à qui elles étaient destinées - des photos jaunies, son livret de famille, usé, rapetassé.
Mais il y avait surtout, tout en bas de l’armoire, une boîte en fer blanc, ayant contenue autrefois des biscuits, qui était aujourd’hui pleine de gourmandises, bonbons à la violette, aux fruits, qu’elle nous distribuait quand nous étions bien sages.
Mais grand-mère n’est plus, l’armoire a disparue chez un marchand d'antiquités.
Les objets de valeurs ont été équitablement partagés entre ses enfants.
Le reste fut détruit dans le feu d’un « boucan* ».
*Courbaril : bois tropical d’une grande beauté et très recherché.
*Boucan : feu de bois qu’on allumait souvent à la campagne pour brûler les choses que l’on ne voulait pas jeter. (nous adorions apporter notre contribution à ces boucans, au grand dam de maman qui craignait que l'on se brûle, mais le feu attire toujours, même sous la chaleur des tropiques et les adultes avaient fort à faire avec cette nuée d'enfants autour d'eux.)